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Appel à la mobilisation de l'Assemblée générale du 19 janvier


Une centaine de personnels et étudiant·es de l'université de Lorraine réuni·es en Assemblée générale mardi 19 janvier ont dressé un ensemble de constats, formulé des revendications, et décidé d'appeler à des actions.

Constats
Depuis mars dernier et a fortiori depuis octobre dernier, on assiste à une désorganisation méthodique de l'université. En maintenant la fermeture (presque) généralisée des universités tout en autorisant l'ouverture dans certains cas isolés (autorisations rectorales), sans parler des classes préparatoires ou BTS restés ouverts, le gouvernement et le ministère de l'ESR construisent une image dégradée de l'université. En produisant des ordres et des contre-ordres, parfois de manière chaotique, le plus souvent au moyen de circulaires sans portée réglementaire, le gouvernement et le ministère de l'ESR induisent et renforcent l'incertitude qui caractérise la situation actuelle, accentuent la démotivation et accroissent les surcharges de travail ainsi que les souffrances morales et sociales des étudiantes et étudiants, de même que celles des personnels, qu'ils et elles soient enseignant·es ou personnels BIATSS (scolarité, services numériques, etc.).
Les témoignages d'étudiantes et étudiants sont clairs et massifs (hashtag #etudiantsfantomes, dépêches AEF) : isolement pédagogique et social, précarité, perte de sens lié à leurs études, inquiétude sur la valeur des études 'suivies' comme ils et elles le peuvent, et pour les doctorantes et doctorants, dans certaines situations (recherches de terrain), des situations de blocage complet de l'avancée de leurs travaux. Si certain·es étudiant·es sont réservé·es sur le retour des cours en présence et demandent que les enseignements à distance soient améliorés et qu'on leur donne davantage de moyens pour mieux les suivre, beaucoup souhaitent un retour des enseignements dans les locaux qui ne soit pas réservé aux seul·es étudiant·es en première année.
Les témoignages des personnels se cristallisent sur le fait que leur travail est chaque jour davantage vidé de son sens : un enseignement n'est pas seulement un ensemble de connaissances transmises, une part essentielle de l'enseignement consiste en l'interaction, entre enseignant·e et étudiant·es, mais aussi entre pairs, acte rendu impossible et inefficace à distance.  La surcharge de travail est de plus en plus manifeste à cause de l’organisation du distanciel d'une part et d'autre part, la répétition des séquences sans aboutir à des résultats un minimum satisfaisants, le fait de recommencer, de réorganiser, encore et toujours sans perspective stable… tout cela use les personnels.
Pour certains, la situation sanitaire permet au gouvernement d’accélérer ses réformes délétères pour l'enseignement supérieur : LPR, mais aussi passage au (presque) tout numérique, rêvé depuis longtemps par les gestionnaires au pouvoir. Pourtant, concrètement et clairement, le tout à distance, dont nous vivons les effets depuis mars, est un échec : les cours en salle doivent être la norme, pas l’exception.

Revendications
Face à ces constats, l'assemblée réunie demande :

  • qu'une aide exceptionnelle soit versée à l'Université par l'État pour soutenir les propositions qui suivent
  • d'exploiter tous les possibles réglementaires des communiqués de presse, décrets et circulaires récemment parus, pour permettre la reprise des cours, chaque fois que c'est possible, dans de bonnes conditions :
    • reprise des cours en présentiel pour les étudiant·es et personnels qui le souhaitent et qui le peuvent dans le respect des consignes sanitaires, étudiant·es de L1, mais aussi les autres étudiant·es dans la mesure du possible (les étudiant·es de L2 notamment ont déjà vécu l'an passé un confinement lors de leur première année d'études à l'université) ;
    • accueil en présentiel pour tout·es les étudiant·es et personnels qui le souhaitent et qui le peuvent dans le cadre d'activités de soutien pédagogique afin d'échanger entre étudiant·es et personnels, de faire le point sur les difficultés rencontrées, sur les solutions qui pourraient être apportées, sur les conditions qui pourraient être revendiquées afin de permettre un retour à un fonctionnement privilégiant l'interaction réelle ;
  • de fournir aux universités des possibilités effectives permettant de bonnes conditions de reprise
    • augmenter les capacités des universités en locaux et en personnels (locations ou réquisition de locaux et recrutements et titularisations de personnels, et cela indépendamment du tutorat étudiant)
    • dans l'hypothèse où des solutions hybrides d'enseignement seraient mises en place (à cause de la fragilité des publics concernés par exemple), fournir un soutien effectif, matériel et humain, aux enseignants et enseignantes mais aussi aux étudiants, sur les aspects techniques (équipements de captation, recrutement de personnel spécialisé dans l'utilisation de ces équipements)
    • fourniture par le ministère de matériels de protection sanitaire (masques, gels)
    • cesser de renvoyer la responsabilité de la mise en œuvre des campagnes de tests aux universités, dans la mesure où celles-ci ne sont pas équipées pour prendre en charge de telles campagnes. Il s'agit d'une compétence nationale qui, à ce titre, doit être prise en charge par les services publics nationaux (ARS, HAS, etc.)
  • d'agir pour freiner réellement l'accroissement de la précarité étudiante (de la manière dont le gouvernement l'a fait pour l'industrie et le fait encore pour les secteurs particulièrement touchés par les restrictions sanitaires)
    • prise en charge des loyers des étudiantes et étudiants
    • à moyen terme, construction de davantage de cités U
    • en attendant, relogement des étudiant·es qui, pour certain·es, vivent aujourd'hui dans des conditions indignes
    • ré-ouverture, dans des conditions sanitaires correctes, des restaurants universitaires afin que les étudiant·es puissent effectivement bénéficier des tickets de resto U à 1€
    • reprise et poursuite de l'équipement en clés 4G pour faciliter la connexion à distance des étudiant.es, tant que celle-ci est nécessaire.

Actions
L'Assemblée appelle à s'inscrire dans la journée de mobilisation de l'Education nationale et de l'Enseignement supérieur et de la recherche du 26 janvier :

  • Participation aux manifestations
    • à NANCY : RDV à partir de 12h00 sur le CLSH pour rejoindre le rassemblement à 13h30 Porte Désilles
    • à METZ : Rassemblement à 13h30 devant l'Inspection Académique rue Wilson
  • Préparation et lancement d'une grève des cours à distance et organisation du retour en présence. Le "distanciel" ne doit pas devenir la norme pour les années à venir. Campus par campus, personnels et étudiant·es, préparons ensemble les conditions de notre retour dans nos locaux. Nous sommes l'université.


Appel soutenu par :

CGT FERC SUP · FO ESR · FSE Metz · FSE Nancy · Les ObstinéEs · SNESUP FSU ·  SUD EDUCATION · UNEF Lorraine